Pourquoi tu voyages?

Me voilà revenue depuis une semaine d’Angleterre et je fais le bilan.
Il y a une question qui m’a été posée très régulièrement lors de mon périple.

Pourquoi faisais-je ce voyage?

Il y a 9 mois je partais, sans trop savoir pourquoi, l’instinct était plus fort que tout. Aujourd’hui je rentre, je découvre le sens.

Tant que j’étais en Angleterre je répondais de manière logique.
Je voulais améliorer mon anglais, bouger, visiter le pays,
rencontrer des gens…
En fouillant un peu plus je répondais que je voulais rencontrer différentes familles faisant école à la maison. Pour voir comment s’organisaient les différents modes d’éducation en famille.

Après 9mois de vie en Angleterre me voilà revenue en france. Mais pas pour très longtemps. D’autres univers m’appellent. Et du coup, je me repose la question. À moi même. En toute sincérité. Parce que je suis prête à repartir et que je me demande pourquoi.

Pourquoi voyager encore?

Avant de savoir pourquoi je continue mon voyage j’ai besoin de comprendre pourquoi je l’ai débuté.
Mais je ne veux pas savoir ce que je cherchais consciemment. Je me fiche des raisons que j’avais au mois de juillet.

Ce qui m’intéresse c’est la vraie raison de mon voyage.

Ce que je cherchais inconsciemment. Ce que j’ai trouvé inévitablement. Parce que c’était le plan, le réel objectif. Même si je n’en savais rien.

Voyager pour les rencontrer. Eux tous, les 19 enfants avec qui nous avons vécues, leurs familles et tous leurs amis en chemin.

Durant presque 9 mois de périple du 18 juillet au 10 avril j’ai vécue avec 10 familles. Ce n’était pas prévu. Je pensai m’expatrier simplement mais j’ai pris un virage à 360° et j’ai finalement bourlingué de droite et de gauche, à la rencontre des anglais.
Sur ces 10 familles il y avait 2 couples et 8 femmes seules. Certaines familles avait un, d’autres deux ou 3 mais aussi certaines 4 et 5 enfants.

De toutes ces femmes avec qui j’ai vécue 9 sur 10 voyageaient seules avec leurs enfants. Certaines sur de longues périodes, d’autres pour des petits voyages d’une ou deux semaines.

Sur 10 familles 7 faisaient école à la maison. Et deux envisageaient de déscolariser leurs enfants.

Alors concrètement tous ces chiffres me montre quoi?

Durant mon voyage j’ai rencontrées des femmes gérant seule la scolarité de leurs enfants, chez elles et partout ailleurs dans le monde, en voyageant.

>>>Moi qui avait découvert l’école à la maison quand je vivais en Guadeloupe, je découvre maintenant le worldschooling. L’école autour du monde. L’apprentissage par le voyage.

Mais!!!!!

Durant mon voyage je me suis souvent dis que j’aimerai me poser un mois ou plus quelque part. parce qu’on ne voyage pas avec des enfants comme on voyage seule.

>>>Me poser quelques mois serait l’idéal pour répondre à leurs besoins et aux miens. Elles ont besoin de se faire des copains, de découvrir tous les moindre recoins d’un lieu qu’elles appelle maison pour quelques temps. Moi j’avais besoin de temps pour moi, d’un lieu en campagne sécurisé pour laisser mes enfants explorer, j’avais besoin de calme pour peindre, faire du yoga, apprendre à méditer,

et

j’avais ces besoins en commun avec toutes les femmes qui ont croisées ma route.

Oui mais avec enfants et bébés sous les bras, comment faire?

Moi qui travaillais au soutien des femmes et de familles quand je vivais en Guadeloupe, je découvre que partout dans le monde les femmes ont les mêmes problématiques.

>>>Elles prennent sur elles la responsabilité d’un foyer entier. Elle ont la pression de l’éducation et l’envie de suivre leur valeurs. Elles ont des difficultés financières à joindre les deux bouts, même en début de mois, quand elles vivent seules. Elles veulent offrir à leurs enfants le respect, l’ouverture d’esprit, le gout de la liberté et de l’aventure.

ces femmes ce sont des voyageuses, des mères, des personnes généreuses, des mamans qui feront tout pour éduquer librement leurs enfants.

Voilà ce que j’ai découvert lors de mon voyage en Angleterre.

Alors j’ai apporté ma pierre comme j’ai pu.

J’ai aidé, j’ai soutenue, j’ai bien souvent simplement été là. J’ai été leur égale. J’ai vécue avec elles sans attendre qu’elles fassent pour moi, sans me sentir l’obligation de faire plus. J’ai juste été sur un même pied d’égalité, de compréhension mutuelle, d’écoute et de compréhension des besoins de l’autre dans le respect des miens.

Tout ceci je l’ai fait naturellement, et ces femmes avec qui j’ai vécu l’ont elle aussi fait naturellement. Je me suis souvent sentie chanceuse d’être accueillie comme ceci à bras ouvert. Mais elles m’ont toutes remerciées d’avoir simplement été là, d’avoir existé, d’avoir écouté, d’avoir anticipé, d’avoir vécue avec elles, d’égale à égale…

Et voilà la question qui ne m’a pas quittée.

Durant ces mois de vie je n’ai cessé de me poser cette question.

Mais pourquoi avons nous arrêté de vivre en communauté ?

Pourquoi même dans les villages avons nous trouvé intéressant de nous cloisonner totalement chacun chez soi?

Bien sûr nous n’avons pas envie que des personnes viennent nous dire comment éduquer nos enfants.

Mais imaginez

que l’on choisissent notre entourage,

que l’on ne vivent qu’avec des personnes ayant les mêmes valeurs que nous.

que vos voisins éduquent nos enfants comme les leurs?

que nous soyons tous des professeurs, pour tous les enfants?

Alors ne serait-il pas intéressant de recréer des communautés de familles, des villages où chacun se soutiendrait.

N’est il pas nécessaire qu’un enfant rencontre plusieurs éducateurs dans sa vie? Et si ces éducateurs considère votre enfant comme un neveu, une nièce… ne serait-ce pas plus productif.

et les hommes dans tout ça?

Avant mon voyage j’avais déjà beaucoup d’amies mères célibataires. Il semblait que les hommes n’étaient jamais assez aidant, il n’y avait que rarement l’égalité, la parité au sein du couple.

Du coup au début de mon voyage je me suis demandé si les femmes seules ne devraient pas former ces communautés.

Mais en Angleterre j’ai aussi vécu avec des couples et ces hommes que j’ai côtoyés vivaient d’égal à égal avec leur femmes. Impliqués dans l’éducation de leurs enfants, ils proposaient d’aller au parc, entamaient des jeux, changeaient les couches… ils effectuaient les taches ménagères sans se demander s’ils devaient ou savaient le faire, ils le faisaient tout simplement.

Ces rencontres m’ont redonnées foi en l’égalité,

m’ont montré que les femmes ne trouveraient pas uniquement un soutien de la part d’autres femmes, mais que les hommes pouvaient être tout aussi aidant.

Ainsi j’imagine un village de famille.

Un village de famille ayant les mêmes valeurs, les mêmes rêves, la meme vision de la vie. Des familles voulant partager la vie, partager les taches, co éduquer les enfants, pour offrir à leurs petits une réelle ouverture d’esprit mais aussi pour se ménager. Pour être soutenus et aidés.

En Afrique un proverbe dit que pour qu’un enfant grandisse, il faut un village entier.

Alors que faisons nous?

Pourquoi essayons nous d’éduquer seule ou à deux maximum ?

Pas étonnant que nous ayons des burn out. Pas étonnant que nous crions sur nos enfants. À bout. Combien de personne connaissez vous dans cet état là? Qui n’en peuvent plus?

Moi j’en connais tant!!!

Et quand je vois combien les enfants apprennent en voyageant et en rencontrant des voyageurs.

 

S’il existait ce genre de lieux dans chaque pays, imaginez, être à la maison, être accueillie, vivre en adéquation avec ses valeurs, en harmonie avec la terre et les autres, toute l’année, où que l’on veuille sur la planète… où nos enfants apprendraient à parler anglais, espagnol, allemand, italien, chinois, russe, que sais je… des lieux de vie où on apprendrait de nos rencontres, avec un(e) coiffeur, un(e) luthier, un(e) architecte, un(e) médecin… combien de corps de métier pourraient etre découvet ainsi? Juste en vivant dans des communautés libres, vivantes, bougeantes ?

 

Moi, mon métier c’est le soutien à la parentalité, j’accompagne des mères vers la découverte de leur moi intérieur et vers un épanouissement qui leur recharge les batteries pour s’occuper de leurs enfants.

Imaginez que toutes les mères vivant dans ces communauté un mois, trois mois, six mois, découvre toutes leur amour propre, cesse de crier, soient en accord avec elles mêmes, sur leur chemin… en même temps qu’elles auraient pu débuter la pratique de la kapuerra, découvert l’art de se soigner par les plantes, la confection de produits 100% naturel et écologique … que sais je encore…

et en meme temps son conjoint aura découvert ses talents en cuisine, en sculpture sur bois, aura animé une école de la forêt, aura découvert le yoga, aura appris l’art des massages…

ses enfants auront appris à parler anglais, italiens, appris à faire du feu, appris à reconnaître un fossile, à jouer de la guitare…

Je sais, je reve.

Mais la vie n’est qu’une suite de rêves un peu fou que l’on réalise , ou pas.

Alors depuis quelques mois j’imagine,

je rêve d’un lieu de vie, de passage, de partage…

où les taches sont partagées.

Où la cuisine est un lieu de vie commun.

Où les enfants peuvent apprendre avec leurs copains, en pleine nature, en rencontrant d’autres personnes, en imitant.
Un endroit où chacun proposerait ses services spontanément pour partager ses connaissances avec les autres.

L’apprentissage est illimité en pleine nature, avec les autres enfants ils sont stimulés, intéressés, et, ils apprennent !! Mais je ferai un article spécial sur le world scholling.

Je rêve d’une vie plus simple, pas d’un retour au moyen âge, mais d’un pas en avant vers la conscience de l’autre. L’autre dans tout ce qu’il est, le voisin, l’étranger de passage, l’animal, la terre et ses plantes… Une conscience, un respect et un amour de l’autre. Comme notre égal.

Je rêve de ce lieu et c’est pour cela que je souhaite repartir.

J’ai trouvé ma mission de vie en Angleterre, et il est temps de lui donner plus de cohérence, plus de réalisme. Pour, un jour, lui donner vie.

Cette mission de vie peut paraître utopiste, irréaliste, baba cool. Je me fiche de l’image que vous mettrez dessus. Je suis en accord avec moi même et consciente des tentatives passées, réussies, abandonnées, transformées…
je ne m’en soucie pas plus.
Ce n’est pas par ce qu’ils sont des milliers à avoir laissé tomber que je ne devrais même pas essayer.

Je suis donc repartie sur les routes, à la rencontre de petites communautés, de système de vie différents.

Qui respect la nature, les personnes.

Qui valorise l’équité, l’école à la maison, la pédagogie libre,

qui s’organise en partage des tâches, en lieu de vie commun,

Qui fait renaitre le principe d’apprentissages mutualisés… et je vais apprendre.

Aujourd’hui je comprends que mon voyage avait un but.

Découvrir mon chemin de vie. Découvrir ma mission.
Aujourd’hui je comprend que depuis ma toute petite enfance je me prépare à ce chemin de vie. Les mères avec qui j’ai grandie depuis mes premières années, leurs difficultés que j’ai découvertes, écoutées, tentées de combler même avant d’en avoir l’âge. Mes questionnements sur l’éducation des enfants, mon besoin incessant de m’éloigner des villes, mon entourage qui a toujours vécue en grande famille, avec de nombreux amis autour… mes souvenirs de vacances en camping, en campagne bretonne, mon adolescence en Guadeloupe, tout cela prend sens. Tout mes souvenirs se joignent en un seul et même point. Une seule et même image

Une image furtuive, de carbets , de maison de bois, d’un grand jardin partagé, de cabanes dans les arbres, avec des balançoires, des parcours d’escalade… l’image d’un cercle de rondin de bois servant de siège et encerclant un feu de bois, un feu de joie où les gens dansent après avoir décidé du programme de la semaine. Une image d’enfants qui courent, qui crient, qui chantent… de personnes qui peignent ici, d’autres qui lisent là. D’un cours de yoga face à la rivière. D’un apprentissage de sculpture, de poterie, de tissage à l’ombre d’un carbet. Ces images de personnes libres, d’enfants éveillés, de parents épanouis… voilà ce qui m’anime, voilà pourquoi je voyage, voilà ce que je vais chercher les mois, les semaines, les jours prochains. Pour que cette image se précise, s’affine, et se concrétise.

La joie est immense quand tout fait sens.

Et vous? Avez vous qu’avez vous découvert en voyageant?

2 commentaires

  1. C’est un très bel article!! Tes écrits m’aident souvent à relativiser lors de décision difficile ou lorsque je me sens perdue sans savoir ce qui serait le mieux pour moi ou pour ma fille.
    J’aime beaucoup cette idée de communauté! J’ai pu constater dans certains pays que cela changeait totalement la perception de la vie quotidienne.
    Merci.

    1. Merci pour ton message murielle, je suis heureuse que mes textes puissent aider. Je travaille sur un projet dans ce sens des communautés Je vous écrit un articles pour plus de précisions très vite.

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